Vi(e)llage, construction collaborative d'une case polyvalente en matériaux locaux, à Nkol-Assi, au Cameroun
Vi(e)llage c'est la construction solidaire, responsable et surtout collaborative d'une case polyvalente en matériaux locaux, à Nkol-Assi, un petit village de 12 familles, en fôret équatoriale, à 50 km de Yaoundé au Cameroun.
Nous sommes deux étudiantes architectes en fin de deuxième cycle à l'école nationale supérieure d'architecture et du paysage de Bordeaux (ensapBx), et nous avons effectué un échange sans précédent d'un semestre à l'école d'architecture de Yaoundé (Essaca).
Nous avons réalisés ce projet en collaboration avec les habitants de Nkol-Assi, sur place puis à distance. L'association Villages Verts de l'ensapBx, fortes de ces 30 d'expériences en projets architecturaux et solidaires nous aide et offre son expertise.
Nous sommes à la recherche de fonds afin de retourner sur place et construire avec les habitants et des étudiants français et camerounais la case communautaire.
LES PROBLEMATIQUES
Vi(e)llage permet d' améliorer la vie de 12 familles du hameau de Nkol-Assi (Région de la Méfou, Centre, Cameroun) sans électricité et mal raccordé aux réseaux routiers.
Nkol-Assi n'est ni dans l'urgence ni dans le besoin. On y vit au rythme de la forêt équatoriale et des saisons. Seulement, il subit un désintéressement des plus jeunes, qui partent en ville pour leurs études, et ne souhaitent plus revenir. Le village se dépeuple.
Comment apporter un mieux-vivre attractif, en respectant le lieu et ses habitants ? Comment sensibiliser les plus jeunes quant à leur responsibilité dans le devenir de leur village ? Comment accueillir aussi bien l'imprévu que le quotidien dans un lieu commun ?
NOS CONVICTIONS
#Qui sommes nous ?
Emmanuelle, à travers 2 échanges universitaires (Portugal et Cameroun) lors du cursus de master a étudié l'architecture vernaculaire sous des formes variées. Elle a rencontré de nombreuses personnes issues de cultures différentes, architectes, étudiants ou habitants et s'est retrouvée dans une dynamique d'échange, de partage de savoirs. Apprendre l'architecture vernaculaire et l'anthropologie sont indispensables à la poursuite de son métier d'architecte.
Tiphaine s'est toujours intéressée à l'échange des cultures, des ambitions, des gens. Après une année de césure,en master, composée de stage et de voyages, l'architecture solidaire s'est montrée comme une évidence. En s'engageant dans l'association Villages Verts, elle a participé à la réalisation sur place d'une maison du livre à Ouagadougou au Burkina-Faso, en collaboration avec les artisans et habitants du quartier.
Emmanuelle et Tiphaine ont participé ensemble à un workshop solidaire et collaboratif de février à juin 2015, dans un sous quartier de Yaoundé, en partenariat avec ses habitants et l'école d'architecture du Cameroun. Cette expérience leur a donné l'envie de poursuivre vers une architecture responsable et solidaire en accord avec les besoins du lieu, des habitants.
#Pour une architecture locale et solidaire
Les moments passés à Nkol Assi nous ont montrés de manière évidente que la vie urbaine ne concernait pas tout le monde, et que la vie en zone rurale était tout autant importante. Ces personnes qui vivent avec la forêt, la régule, la respecte et la valorise ont également le droit à l'accès au mieux-vivre. Ne pas s'intéresser à ces géographies reculées et ce qui la compose, et seulement laisser une dynamique capitaliste nourrir l'exode rural, serait une pensée régressive.
L'architecte a un rôle à jouer dans le changement des mentalités, relatif à cette prise de conscience autour de l'environnement, du réchauffement climatique, du mal-logement, de la bidonvilisation des villes et toutes ces problématiques liées à la mondialisation.
Le "local" est à mettre sur le devant de la scène, pour favoriser une prise de conscience collective et indispensable.
L'architecture solidaire, locale et participative est une facette méconnue du métier d'architecte, mais dont la profession a besoin.
UN PROJET ARCHITECTURAL, SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL
VI(E)LLAGE est né de la rencontre avec Victor et Séraphine, un couple vivant à Nkol-Assi, ce petit hameau relégué et sans électrification, de 12 cases, à 50 km de Yaoundé.
Nous avons séjourné chez eux à plusieurs reprises et nous sommes liées d'amitié avec les habitants du village. Ils sont très sensibles à l'architecture vernaculaire et ont déjà réalisé des travaux de réfection de la chapelle du village sous forme de Workshop avec des architectes locaux.
Ils sont donc très investis dans le développement de leur hameau, et souhaitent collaborer avec nous dans la réalisation d’un espace de palabre et de réunion, tout en prenant en compte les problématiques environnementales. La lumière et l'électricité est un point indispensable dans la construction de la case.
Victor et Séraphine mettent à disposition un terrain disponible au centre du hameau.
UNE CASE ?
#Principes
Cette case permettra d’accueillir les jeunes du village, scolarisés à Yaoundé, durant les périodes de vacances scolaires. Dans l'optique qu'ils puissent s’épanouir et se sensibiliser à l’idée que le développement de leur village natal est entre leur main, elle permettrait de multiplier les activités au village.
Le reste du temps, elle sera support d’activités artistiques et musicales les weekends (association de «Djam»), et un lieu de fête ou de deuil, très important dans la culture africaine.
Cet équipement est important dans le développement de cet hameau, puisqu’il permettra la venue de plus de personnes qu’à l’habitude et notamment les jeunes qui trouveront un lieu propice à de multiples activités.
En le concevant de manière responsable et en intégrant les problématiques écologiques, il permettra à toute la population de ce hameau et des hameaux voisins de prendre conscience des avantages de ce type de construction (économique, écologique, environnemental, émancipation).
#Propositions
UN LAMPADAIRE SOLAIRE sera installé sur la parcelle . Il est indispensable pour développer le hameau : apporter la lumière induit des activités variés, et permet aux habitants de prolonger leur journée. C'est un bien-être évident pour tous. C'est également un point essentiel à la construction de la case, puisqu'il permettra d'éclairer le chantier et donc facilitera sa mise en oeuvre. L'entreprise Sunna Design de Blanquefort (33) assurera la mise à disposition à bas coût d'un boitier luminaire solaire dernière génération.
UN MARAICHAGE NATUREL ET SAUVAGE permettra de varier leur alimentation (essentiellement composé e de tubercule), et de vendre ou d'échanger leur production. L'association Semences sans frontières via KOKOPELLI assurera le don des semences en assez grande quantité.
UN ESPACE DE PASSAGE permet d'accueillir les invités, les passants, la famille. C'est un espace vide, entouré simplement de 4murs en pisé détaché du toit et crée ainsi une aération naturelle.
UN ESPACE DE STOCKAGE permet d'entreposer les balafons communautaires ainsi que deux cuves (léguées par la doyenne) raccordés à une descente d'eau pluviale. Un lavoir sous le robinet et à un niveau pratique permet de remplir facilement les récipients. Cette eau à usage domestique vient en complément du puits.
UN ESPACE DE FOYER permet la réalisation des mets, à l’abri des insectes grâce à un jeu de voiles moustiquaires. L'entreprise française Diatex spécialiste de l'agrotextile assurera les grandes surfaces de moustiquaire à moindre prix.
Le dessin de celle-ci découle d'une analyse fine, presque anthropologique, de la géographie et du village, et surtout de la collaboration avec les habitants, et les artisans locaux.
COMMENT ?
# Les matériaux locaux et de proximité
Le projet a été développé dans une logique constructive avec des matériaux locaux et de proximité qui se trouvent dans un périmètre de 20km, exception faite du lampadaire solaire et des voiles moustiquaires.
La construction se veut être responsable, respectueuse de l'environnement, et offre un « mieux-vivre » commun.
Tout est dessiné en fonction des capacités locales : la main d'oeuvre, les matériaux disponibles, un faible impact carbone, un coût de construction très bas et maîtrisé.
Ainsi seule la case de passage nécessite l'emploi de béton récupéré en ville, pour ses fondations. L'entreprise Cimencam, filière du groupe Lafarge au Cameroun pourrait le fournir sous forme de don.
La réalisation du toit nécessite également l'achat de tôles ondulées.
Tous les murs montés sont en terre (technique du pisé utilisant la terre locale), ou en bois local.
Le sol est simplement travaillé en terre battue.
Ces techniques sont également intéressantes d'un point de vue hygrothermique. La terre possède un très bon coefficient thermique, et permet ainsi d'emmagasiner la chaleur et de la restituer de manière progressive à chaque baisse de température. Cette capacité est plus intéressante que le béton dans cette zone équatoriale où la moyenne de température est de 29°.
Il est important d'utiliser ces techniques peu invasives et maîtrisées par la population locale, n'oubliant pas qu'une telle case peut être utilisé en exemple pour de prochaines constructions dans la région.
#Un dessin évolutif : Un phasage dans l'élaboration et la construction
Le dessin de la case communautaire a été réalisé de manière à ce qu'il puisse évoluer lors de notre retour sur place.
Ainsi la construction de la case se veut en quatre temps :
1) Installation du lampadaire solaire sur le terrain disponible
2) Réunion sous le lampadaire avec les villageois et les chefs et habitants des villages alentours : évolution du dessin, appropriation du projet par les usagers.
3) (Re)Démarchages des artisans locaux et entreprises à proximités
4) Construction de la case avec les artisans locaux et habitants ainsi qu'avec l'aide d'étudiants français et camerounais sous forme de workshop : tout le monde apprend de l'autre, presque comme un chantier école.
LES ACTEURS-LES PARTENAIRES
Le projet de la case polyvalente met en synergie différents acteurs.
#DES PARTENARIATS
#Partenaires locaux :
-Les habitants et les chefs sont des acteurs clefs, afin d'assurer la pérennité et l'acceptation d'une telle construction. Nous les avons évidement rencontré, et nous gardons contact avec eux.
-Un partenariat avec l'école d'architecture du Cameroun a été réalisé (L'Essaca). L'école propose son aide en sa qualité d'experte en construction vernaculaire, et en proposant à certains de ses étudiants de participer à la construction sous forme d'atelier bénévole.
-Des entreprises : Cimencam (Lafarge au Cameroun), partenaire de l'Essaca, assurera les besoin en béton pour les fondations du bâtiments. La scierie de Ngoumou (ville à proximité du projet) permettra l'élaboration de la structure primaire porteuse en bois avec des essences locales.
#Partenaires français :
-L'entreprise Sunna Design : conçoit et produit en France, des solutions innovantes d'éclairage public solaire spécifiquement adaptées aux environnements climatiques contraignants. Basé à Blanquefort (33), nous avons eu l'occasion des les rencontrer. Intéressés par notre démarche, Sunna Design s'engage à nous fournir un lampadaire solaire à des coûts réduits.
-L'association Kokopelli nous fournira gratuitement les semences afin de pouvoir réaliser le jardin maraîcher naturel et sauvage.
-L'association Villages Verts mets à profit son expérience en nous proposant des l'expertise d'architectes ayant déjà construit dans des conditions similaires (environnement, conditions politiques, culturel, construction solidaire).
-L'école d'architecture de Bordeaux (EnsapBx), soutient notre démarche. Elle permettra à certains de ses étudiants de venir réaliser la construction sous forme d'atelier bénévole.
#UNE ASSOCIATIONS FORTE DE 30 D'EXPERIENCES : VILLAGES VERTS
FINANCEMENT
La construction de la case polyvalente dépend des financements trouvés sous forme de dons (argent et nature), de mécénat, de concours. Le budget prévisionnel est de 13 975 € .
Le projet pouvant être phasé en deux temps : 1) amener le lampadaire : 2500€ , 2) Construire la case : 11 475€
CALENDRIER
Le calendrier se veut encore souple : la réalité des chantier est a appréhender sur place. Il est important de préparer le chantier afin qu'il se déroule dans de bonnes conditions. Les bénévoles arriveront après notre retour.
Avant la construction nous avons mené une étude de terrain. Après la construction il est envisagé de revenir et d'étudier l'impact d'un tel projet. Nous estimons qu'un architecte se doit de suivre son projet au delà de la pose de la "dernière pierre" et écouter les usages. La collaboration se doit d'être entière complète et réciproque.
Ainsi il est important de savoir qu'il nous faut 3 mois d'action sur place, les dates exactes seront décidés selon la disponiblité des collaborateurs (habitants, artisans, écoles d'architecture).
UN CHANTIER MAIS PAS QUE...
#UN PROJET COLLABORATIFS A DIFFERENTES ECHELLES
Vi(e)llage se veut être un projet solidaire et collaboratif. C'est à dire que la population a été entièrement intégrée dans le processus de projet : de l'élaboration du programme, au dessin, jusqu'à la construction.
Il est atypique dans sa méthode : après avoir analyser l'anthropologie et les besoins locaux, il a été dessiné à distance, en France, en collaboration à distance avec les habitants. Le but est de retourner sur place afin de réaliser de nouveau des réunions de concertation avec la population et les institutions locales (chefferie et municipalité), et de démarcher les entreprises locales.
La construction s'appuie sur du bénévolat des populations et par le biais d'un workshop en invitant des architectes et étudiants bénévoles, français et camerounais. Elle s'inscrit dans un processus de chantier "école", permettant autant aux habitants qu'à toutes personnes bénévoles de se former à des techniques constructives vernaculaires.
C'est un projet sans précédent proposant de mettre en osmose des personnes motivées et de cultures différentes avec la mise en commun d'un savoir-faire.
Enfin le projet s'inscrit clairement dans une collaboration totale et peu coûteuse puisqu'il s'appuie sur des partenariats avec des entreprises (Sunna design propose le lampadaire solaire à prix négocié, Cimencam fournit le béton, Diatex les moustiquaires), des associations ("semences sans frontière" donne les semences, "Villages Verts" propose son expertise), des bénévoles (l'ensapBx en France et L'essaca au Cameroun sont des viviers de main d'oeuvre bénévole, qui est désireuse de s'instruire dans les techniques constructives locale).
ET ON EN PARLE DEJA...
#Lauréat de l'appel à projet BOARDING2016
Sous le thème "Nouvelle manière d'habiter le monde", Arc en rêve, le centre d'architecture basé à Bordeaux propose aux diplômés de grade master ou équivalent, obtenu entre 2014 et 2016, d’une école européenne dans les champs architecture / design / ville / paysage / territoire de présenter leur diplôme.
Les problématiques sont larges : "Le monde change, les nouvelles manières d’habiter changent. Plus que jamais, l’architecture et la ville, la condition urbaine contemporaine, doivent se penser à la lumière de ce qui n’est plus et de ce qui n’est pas encore advenu."
VI(e)LLAGE a été lauréat de l'édition BOARDING 2016, et sera exposé du 02/06/16 au 25/09/16 dans le musée ARC EN RÊVE lors de l'exposition Constellation.S. L'exposition sera itinérante par la suite dans toute l'Europe.
#Publication dans le webmagasine ARCHICAINE
Archicaine est un webmagsine suivit par plus de 18 000 personnes à travers le monde.
Son ambition est celle d' assurer une représentation bien visible de l’architecture Africaine, permettre une mise en relation avec des architectes étrangers pour des échanges et une mise en relation avec des maîtres d’ouvrage potentiels, des compatriotes résidant à l’étranger.
VI(e)LLAGE à fait l'objet d'un article entièrement consacré à lui !
#Publication dans le journal SUD-OUEST
"Tout est dit dans l'intitulé de leur projet : "Vi(e)llage, construction collaborative d'une case polyvalente en matériaux locaux, à Nkol-Assi, au Cameroun".
ICI
ATOUTS et CONCENTRATION
#POINTS FORTS
- La confiance et les relations instaurées avec les habitants, les écoles partenaires et les porteuses du projet
- Des bénévoles issus des écoles partenaires (ensap Bordeaux -Essaca Yaoundé) motivés
- Un projet collaboratif, d'abord par le dessin mais aussi dans la mise en oeuvre, jusqu'en faisant participer deux écoles de deux continents différents (Ensap Bordeaux, Essaca Yaoundé)
- Un phase de projet qui permet de construire ensemble et par étape en fonction des fonds obtenus, des conditions météorologiques etc.
- Une construction menée sous le principe de "chantier école" : l'apprentissage réciproque, chacun apprend de l'autre et apprend à l'autre. La technique du pisé est une technique ancestrale que le projet remet au gout du jour, les bénévoles s'initieront à elle.
- Un projet qui fait déjà parler de lui : lauréat de l'appel à projet européen BOARDING2016 à arc en rêve centre d'architecture, publication sur le webmagasine ARCHICAINE. Un artcile sur le journal SUD OUEST
#POINTS DE TOUS NOS EFFORTS
- Obtention de fonds obligatoire (à minima 2500€ pour le lampadaire et le déplacement des bénévoles pour l'installer)
- Beaucoup d'acteurs qui entrent en jeu : gérer les consensus et éviter les litiges.
- Les porteuses du projets sont actuellement en France et doivent gérer un montage de projet à distance des habitants
- Le partenariat de deux écoles aux histoires et expériences différentes réclame des démarches administratives concensieuses.
- Déjà beaucoup de personnes veulent devenir bénévoles : bien choisir, créer une relation de confiance, sensibiliser et partager les même objectifs.
- Un projet qui ne s'arrete pas à sa construction, un retour sur expérience et une analyse d'impact est obligatoire.






