Écoles des participants

Projet de cantines scolaires et lutte contre la sous-nutrition infantile

Terre solidaire souhaite réaliser des cantines scolaires avec une association togolaise locale. Les bénéficiaires sont les enfants de l’école. Elles vont permettre d’avoir un apport énergétique plus important et augmenter le taux de scolarisation. Les cantines sont autofinancées par des activités d’élevages, à terme autogérées localement par le village.  

v  A quelle problématique répond votre projet ?

Ce projet répond à des problématiques omniprésentes au Togo, étudiées dans la durée par nos bénévoles et exprimées directement par les populations locales: la sous-nutrition, l’absentéisme scolaire et la faim à l’école.

v  Quel est son objectif principal?

Il s’agit de fournir un repas quotidien et satisfaisant d’un point de vue nutritionnel aux enfants des villages ciblés par le projet. Ainsi nous espérons agir efficacement sur :

-       La santé : lutte contre la sous-nutrition infantile (selon les recommandations OMS et UNICEF), lutte contre les carences nutritionnelles et ses conséquences (retard de croissance, fonte musculaire etc).

-       L’éducation :

§  Lutte contre l’absentéisme scolaire, les enfants allant travailler pour obtenir un repas plutôt que de rester à l’école le ventre vide. La mise en place de ce projet avec le service d’un repas uniquement si l’enfant reste toute la journée à montrer son efficacité lors des essais (juin 2015) mis en place : augmentation de 30% du nombre d’écoliers l’après-midi.

§  Egalement amélioration de l’efficacité de l’enseignement. Comme le souligne l’adage très utilisé au Togo « ventre vide n’a point d’oreille », on comprend aisément qu’un enfant ne puisse être attentif quand la faim le tiraille.

-       Social : Appuie aux familles les plus pauvres grâce à une aide majeure que représente le service de ces repas à leurs enfants. Les dépenses alimentaires représentent plus de 50% des dépenses quotidiennes des familles.

-       Economique : Ce projet contribuera à dynamiser l’activité économique locale notamment en permettant la création d’une dizaine d’emplois.

 

v  Avec quel(s) partenaire(s) développez-vous votre projet ? Association, ONG, groupement de personnes ? Comment les avez-vous rencontrés ?

Nous développons notre projet en partenariat avec différents partenaires et à toutes les échelles. Nous cherchons ainsi à responsabiliser les acteurs locaux et à pérenniser notre projet via un transfert de compétences et de prérogatives.

-       Au niveau régional : Nous sommes toujours en relation avec une association locale, dans la région maritime (Afagnan) nous travaillons avec Symbiose Togo. C’est un partenariat de longue date, choisis car nous partageons la même philosophie d’action. L’objectif est d’inscrire le bénévolat togolais et son engagement citoyen au cœur du développement. Ils fournissent une aide considérable en matière d’interaction avec les populations, de connaissance du terrain et garantissent une présence au quotidien pour la gestion des projets en particulier quand Terre Solidaire ne dispose pas de bénévoles présents localement toute l’année.

-       Acteurs publics : Etat via le ministère de l’éducation et les offices d’inspection des préfectures.

-       Locaux : Mobilisation et responsabilisation des acteurs villageois en particulier les CVD : (comités villageois de développement) et les associations de parents d’élèves (APE).

v  Comment travaillez-vous avec vos partenaires et bénéficiaires? Quel était le besoin exprimé ? Comment  avez-vous définit vos objectifs et les actions à mener?

Nous sommes en constante interaction avec nos partenaires et les acteurs des villages. Le projet a été construit dans cette concertation tripartite selon l’étude et les besoins exprimés localement et constatés par nos bénévoles. Nous souhaitions ainsi que les villageois soient, dès la phase de construction du projet, acteurs et moteurs de ce dernier afin de les responsabiliser. Selon cette concertation, a été décidée la mise en place d’une AGR locale (activité génératrice de revenus), garantie de la pérennité « financière » du projet. Sa gestion, grâce aux acteurs villageois encadrés par Terre Solidaire et ses partenaires associatifs permet une pérennité du projet ainsi qu’une montée en compétences locales.

D’un point de vue purement opérationnel, le choix de l’élevage avicole (poules pondeuses) a été retenu grâce à  plusieurs critères :

-       Rentabilités économiques : marché de revente des œufs très important (pénurie de production, pas de risque d’invendus) et marges intéressantes.

-       Capacités locales de gestion

-       Carences régionales en protéines (contre laquelle l’œuf peut être un acteur)

-       Développement local des compétences avicoles favorisant l’autosuffisance alimentaire.

 

Concernant les besoins exprimés, ils sont très nombreux mais l’alimentation, l’éducation et l’eau potable (motif d’un autre projet complémentaire à celui-ci) ont été évalués comme prioritaires dans ce contexte.

 

v  Quel était votre budget et d'où venaient les financements ; de votre établissement, de ressources financières extérieures sponsoring d’entreprise, collectivités territoriales, vos propres actions de collecte ?

CHARGES

Montant (euros)

PRODUITS

Montant (euros)

Prestations de services

35 000

Manifestations bénévoles

35 000

Equipements

17 000

Fondation EDF

15 000

Volailles

12 000

Entreprises

14 000

Prophylaxie

3 600

Particuliers

4 500

Alimentation et frais démarrage

6 600

Collectivités locales

2700

Salaires et charges (1)

800

Fondation de France

2000

Contributions volontaires en nature (mise à disposition gratuite)

5 000

Contributions volontaires en nature (mise à disposition gratuite : terrain)

5 000

TOTAL CHARGES (2)

80 000

TOTAL PRODUITS

80 000

(1) Les salaires correspondent aux salaires des employés locaux du projet (aviculteurs, agriculteurs..) durant la phase de démarrage. Dès le début des pontes (phase autonome), le projet atteint l’autonomie financière. Il ne s’agit en aucune façon de personnels de Terre Solidaire qui agissent à titre purement bénévole.

(2) Le Budget Unitaire d’une cantine est de 10 000€. Le projet incluant 8 cantines, le budget total est de 80 000€.

Il faut également noter que le personnel bénévole de l’association n’est pas valorisé dans ce budget.

Les frais annexes tels que les frais d’assurance, de communication et les frais généraux de l’association sont pris en charge par les cotisations annuelles des bénévoles.

Les frais de mission, de déplacements et de téléphone sont entièrement pris en charge par les bénévoles (frais personnels) (ex : billets avion etc)

L’objectif de ces mesures est que 100% des fonds alloués à Terre Solidaire soient employés pour le projet.

 

v  Quels moyens humains et matériels ?  (coaching par mécénat de compétences, moyens logistiques)

Nous sommes une association gérée par des étudiants âgés de 16 à 25ans. Ainsi, pour acquérir les compétences adéquates nous utilisons différentes stratégies :

-       Formations internes : par des bénévoles plus âgés disposants de compétences spécifiques qui peuvent être liées à la gestion associative (comptable, juriste etc.) ou à la coordination de projet (médecin, vétérinaire etc.). Ils assurent un suivi de nos jeunes bénévoles et de leur formation continue.

-       Formations extérieures proposées par collectivités (RESACOOP etc.) ou des associations.

-       Formations locales : Par des intervenants togolais lors de notre présence sur place (vétérinaire, hydrogéologue etc.). Celles-ci permettent d’acquérir des données spécifiques au terrain.

-       Retours expériences : Nous nous appuyons également sur de la documentation de spécialistes ou de personnels ayant mené des projets similaires afin d’obtenir leur expérience de professionnel.

v  En quoi votre projet est innovant ou renouvelle la problématique ?

Ce projet est innovant selon plusieurs critères :

-       Il offre une réponse globale unique à des problématiques variées : santé, alimentation, éducation, travail infantile, droits de l’enfant. Par ailleurs celui-ci se complète avec d’autres projets menés en parallèle notamment d’accès à l’eau potable et de constructions d’école et qui renforcent encore cette dimension.

-       Implication de tous les acteurs locaux : Etat, associations, acteurs villageois… Il permet une responsabilisation de ses acteurs et un partenariat équitable, gage de la pertinence et de la pérennité du projet.

-       Il garantit une montée en compétences locales, source d’un véritable développement durable.

v  Avez-vous mis en place une mesure d’impact ou de satisfaction suite à vos actions auprès des partenaires et bénéficiaires ?

Afin d’évaluer le projet nous avons mis en place deux types d’indicateurs :

-       Qualitatifs : Etant en constant contact avec les villageois et nos partenaires locaux nous nous informons continuellement de l’impact de nos projets et de l’avis des populations à leur sujet.

-       Quantitatifs : fondés sur le suivi du taux de fréquentation de l’école. Il nous permet d’avoir un recul objectif et d’en évaluer l’impact. Par exemple un essai a été effectué en juin 2015 durant lequel nous avons fait fonctionner la cantine pendant 5 semaines. Nous avons observé une augmentation de 30% de la fréquentation de l’école l’après-midi par rapport aux chiffres des mois précédents.

v  Quelle évolution et pérennité du projet pour les années futures ?

Selon recommandation, un suivi du projet est prévu sur les 5 prochaines années avec un transfert progressif des capacités de gestion des partenaires associatifs vers les acteurs villageois. Ainsi la montée en compétence est la garantie de la pérennité organisationnelle.

A cette dernière s’ajoute la pérennité « financière » garantie par l’Activité Génératrice de Revenus. La somme de ces deux modalités et d’un accompagnement de notre part font de cette action, un projet durable.

Concernant les perspectives, nous souhaitons étendre ce projet aux villages voisins exprimant des problématiques similaires et qui se montrent très intéressés.

v  Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

Nous avons eu des difficultés à la revente des premiers œufs. En effet les revendeuses étaient         démunies et ne savaient comment s’implanter au marché. Nous avons alors construit avec l’association Symbiose Togo une formation pour ces dernières. Depuis, elles sont toujours plus nombreuses à vouloir participer à cette activité. En effet, cela fournit au foyer un revenu complémentaire significatif.

NB : nous vendons nos plateaux de 30 œufs à prix fixe aux revendeuses à 1800FCFA. Ces dernières les revendent 2200 à 2400. Elles réalisent donc une marge de 400 à 600FCFA par plateau. Pour comparaison le SMIC togolais est à 1 000FCFA par jour. Pour ces femmes au foyer, cette marge est dorénavant indispensable au fonctionnement de la famille.

v  Quels sont selon vous les points forts et les points faibles de votre projet ?

Points forts :

-       Pérennité

-       Viabilité économique

-       Développement durable

-       Partenariat nord/sud équitable

-       Proximité étroite avec les bénéficiaires et suivi précis du projet (rapports hebdomadaires)

Points faibles : Ce projet nécessite des infrastructures spécifiques adaptées au contexte (ensoleillement, vent etc.) pour être réellement productif. Un gros travail d’étude préalable permet de pallier à ces difficultés.

v  Si c'était à refaire ou pour poursuivre, que changeriez-vous ? 

Nous construirions une clôture pour éviter les parasitages causés par les poulets familiaux qui vivent en liberté.

 

v  Quels sont les résultats dont vous êtes fiers ? Témoignez de votre expérience!

Nous sommes particulièrement fiers de l’implication des villageois dans le projet et le bon respect des règles indispensables au bon fonctionnement du projet. Cette concertation et cette écoute mutuelle sont un vrai gage de réussite.

v  Quelle communication faites-vous de votre projet auprès de votre communauté suite à vos actions ?

Nous communiquons via plusieurs outils sur nos projet : expositions photos, réseaux sociaux, soirées de présentations, lettres d’informations, presse locale etc. Nous mettons en place des témoignages et des échanges pour présenter le contexte d’intervention et notre travail.

De plus, le projet « d’éducation à la citoyenneté » comme définit par l’éducation nationale est un des 3 objectifs de Terre Solidaire (les deux autres étant la solidarité locale et internationale). Ainsi, il s’agit d’un projet à part entière consistant à sensibiliser les jeunes à ces problématiques de développement, à les faire réfléchir sur ces thématiques et surtout, point clé de notre démarche, à les impliquer par des actions concrètes. Celles-ci peuvent être des démarches de long ou de court terme selon leur disponibilité et passent par la mise en place de plus d’une quinzaine de partenariats avec des établissements scolaires de la région lyonnaise. Des collectifs se rassemblent dans chacun d’entre eux et nous élaborons des projets ensemble pour leur permettre d’être acteurs de solidarité. Ce projet a été soutenus par de nombreuses collectivités locales (Région Rhône Alpes, Communes, Députés). Nous voulons ainsi développer l’engagement citoyen et une véritable dynamique solidaire auprès des jeunes.

 

v  Donnez la parole à vos partenaires et bénéficiaires !

Témoignage de notre relais associatif local au Togo :

« Je suis Ephrem Gnassounou, président de l'association Symbiose-Togo.

Le projet de cantine a été initiée avec notre partenaire Terre Solidaire suite au constat que la majorité des enfants inscrits à l'école primaire publique de Dévémé, viennent tous les jours le ventre vide. Ce qui fait qu'ils partent de l'école à partir de 9h00 à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent. Evidemment cette situation a des impacts négatifs sur leur scolarisation. Bien sûr que le projet est bénéfique sur tous les plans pour les bénéficiaires directs et indirects;

- Pour les enfants qui en profitent directement, ils n'ont plus faim à l'école, ils suivent les cours normalement, sont contents d'aller à l'école, sont protégés car ils restent à l'école aux heures prévues et retrouvent une scolarisation normale!

- Pour les parents, ils sont tranquilles sachant que leurs rejetons ne mourront plus de faim, n'erreront plus dans la brousse et sont dans de bonnes conditions d'études et pour finir, ils font un peu d'économie sur leur budget quotidien déjà maigre.

- Pour les enseignants, ils sont contents car les enfants sont plus attentifs et plus fréquents à l'école. Ils trouvent que la cantine participe à la hausse de niveau scolaire enregistrée l'année passée à l'école.

- Pour l'école elle-même, l'effectif a augmenté grâce à la cantine.

- Pour le Ministère de l'éducation, l'école primaire publique de Dévémé va mieux!!!

Pour Symbiose-Togo, nous avons gagné en crédibilité et nous avons un plus à notre bilan! Dans ce projet, Symbiose-Togo est le maître d'ouvrage. Elle est garante de la réussite et de la pérennisation du projet. De ce fait, elle se charge de la bonne marche de l'activité agropastorale qui constitue le vivier financier du projet; elle gère les employés, coordonne les activités d'élevage et d'agriculture et met les fonds nécessaires de la cantine au comité de gestion de la cantine installée à l'école primaire. Symbiose-Togo gère les éventuels problèmes de la cantine avec le comité de gestion. Elle prend les grandes décisions en total accord avec son partenaire Terre Solidaire. La population est largement satisfaite de ce projet car presque tous ont au moins un enfant inscrit à l'école et par ricochet, les populations des autres villages environnants souhaitent vivement que le même projet vienne chez eux aussi! »

 

 

v  Paragraphe libre ; infos supplémentaires ?

Lien vers notre association partenaire pour ce projet :

http://symbiose-togo.org/

Lien pour le dépliant du projet :

https://www.dropbox.com/s/fbca0t7qzg4wc0w/D%C3%A9pliant%20projet%20Cantines.pdf?dl=0