EC Nantes
Dans la lignée des grandes écoles d'ingénieurs généralistes, Centrale Nantes, fondée en 1919, forme des ingénieurs polyvalents de très haut niveau scientifique et technique, dotés d'une solide culture managériale, capables de replacer les matières scientifiques dans un contexte global intégrant les questions environnementales et sociétales.
Outre la participation de Centrale Nantes aux actions de la CGE (Conférence des Grandes Ecoles) et de la CPU (Conférence des Présidents d’Université), la décision d’engager l’école dans une démarche en faveur du développement durable date de 2006. Une « Commission Développement durable » a été instituée : elle propose des mesures pour améliorer la gestion du campus (bâtiments, énergie, etc.) et participe au suivi et à l’évaluation des actions. De nouvelles procédures (gestion des déchets via notamment des mini-déchetteries réparties sur le campus, collecte des papiers et des gobelets, tri des déchets industriels), des rénovations et évolutions (étude thermique, réseau électrique, datacenter, raccordement au réseau de chaleur de Nantes…) et de nouvelles modalités (postales) voient progressivement le jour. Autre exemple, un troupeau de moutons d’Ouessant est arrivé fin 2015 sur le campus pour une expérimentation d’un an d’écopâturage.
Le but : mettre en valeur la biodiversité du campus, améliorer le bilan carbone de l'école, limiter les tontes et le bruit, faire des économies, participer à la vie de la rue, profiter des bienfaits de la présence animale.
Le développement durable est présent dans la formation (ingénieur, master et doctorant) depuis longtemps. Certaines options disciplinaires et professionnelles sont plus particulièrement orientées vers ces enjeux : Océan, Sciences de l'ingénieur pour l'habitat et l'environnement urbain, Production et gestion d'énergie, Génie civil, Industrie durable, Ville durable. Centrale Nantes a même intégré dans son cursus de formation des compétitions internationales ouvertes aux universités et aux grandes écoles, comme le Solar Decathlon en 2014, en tant qu’option de troisième année. Le but de ce concours international était de concevoir un projet d’architecture et d’urbanisme innovant, anticipant les problématiques de la ville de demain, et de réaliser la construction – grandeur réelle – d’un logement autonome en énergie. Par ailleurs, le tronc commun de la deuxième année intègre, depuis 2014, un cours de 32 heures sur la RSE. La formation continue propose également des modules spécifiques sur la RSE (en collaboration avec Audencia et l’ESA d’Angers).
Globalement, la moitié de la recherche à l’école est liée à la transition énergétique. Elle se retrouve sur de nombreux sujets : matériaux composites dans l’aéronautique et l’automobile (l’utilisation de ces matériaux plus légers permet de moins consommer de carburant et donc de diminuer les émissions de CO²), modélisation des sols et risques naturels (glissements de terrain, séismes), matériaux de construction à faible impact environnemental (écobéton par exemple), énergies marines renouvelables (éolien, houlomoteur), moteurs hybrides et amélioration de l’efficacité des moteurs thermiques, observation et modélisation des environnements urbains, nouvelles méthodes de conception et de production.
« On a bien conscience que la formation ne se fait pas seulement dans les amphis, en TD et en TP. On encourage les étudiants à s’investir dans les projets, on les accompagne. On essaie de faire en sorte qu’ils décloisonnent leurs univers, qu’ils sortent de leur milieu, qu’ils sortent de la technologie, qu’ils arrivent à lier leurs compétences pour répondre aux complexes enjeux actuels. », Emmanuel Rozière, enseignant-chercheur et chargé de mission Développement durable à Centrale Nantes. Plus adepte des actions que des longs discours, Emmanuel Rozière œuvre quotidiennement pour mettre en place ce type d’actions, tout en impliquant systématiquement les étudiants. Il travaille avec des associations, notamment avec Ingénieurs sans frontières Nantes (solidarité internationale) ou encore enactus (réseau qui vise à favoriser le progrès sociétal par l’action entrepreneuriale).



