Écoles des participants

Paspanga

Nous sommes étudiantes en psychomotricité et faisons parti de l'association Psychomotricité Sans Frontières. Paspanga est l'un des deux projets de PSF.  Il a pour objectif, entre autre de renouveler le partenariat avec le «Centre de suivi et de prise en charge des enfants et adolescents en situation de handicap mental  » de l'association ABAPE à Ouagadougou qui accueille actuellement 23 enfants entre 3 et 9 ans, atteints d'autisme, de retard mental ou de troubles du développement. Des équipes de trois étudiantes se relayerons tout l'été de Mai à fin Aout. En plus de l'apport de matériel à ce nouveau centre (créé en 2010 par un jeune psychologue burkinabè), nos actions ont pour but d’apporter un soutien à ces enfants et à leur famille grâce à ce que l'on a pu apprendre au cours de nos études de psychomotricité. Afin que notre démarche s'inscrive sur le long terme, nous valoriserons les échanges de savoir-faire avec l’équipe soignante pour s'enrichir de nos pratiques mutuelles. Nous espérons donc pérenniser notre action, en vue d’une amélioration de la qualité de vie de ces enfants et de leurs familles.

 

Après la réussite du projet entreprit par nos prédécesseurs, et les retours positifs de Boukari Pamtaba, le directeur de l’Association Burkinabaise d’Aide Psychologique à l’Enfance (ABAPE), nous sommes heureuses de renouveler cet échange professionnel et culturel autour de la psychomotricité. Notre projet est avant tout une aspiration à la solidarité internationale, il est centré sur le partage avec les équipes locales.   Ce sera la deuxième année que des étudiants en psychomotricité de l’Université Pierre et Marie Curie partiront dans le “centre de suivi et de prise en charge des enfants et adolescents en situation de handicap mental” de l’association ABAPE, à Ouagadougou. Trois équipes de trois étudiantes s’y relayeront de mi-mai à fin aout. Notre projet s’organise autour de différents axes. Nous envisageons de mettre en place des prises en charges psychomotrices, d’accompagner les enfants et ce, toujours en présence d’un professionnel du centre. De cette manière, nous pourrons partager nos connaissances sur le développement psychomoteur et relationnel de l’enfant, sur les pathologies et les comportements qu’elles induisent. Cependant, il nous paraît important de préciser clairement que l'objectif de notre association et de ses bénévoles ne consiste en aucun cas à imposer des pratiques professionnelles occidentales. L’environnement géographique et le contexte socioculturel du sujet influencent son approche psychocorporelle et de fait, son rapport au corps. Notre but est d'établir un contact et d’échanger avec des personnes ayant une approche de l'enfant, du corps et du développement psychomoteur parfois différente du nôtre. C’est pour cela qu’il nous tenait à cœur de pérenniser ce projet en investissant l’association PSF. 

 

La psychomotricité

 

La psychomotricité est un concept qui s’est développé dans le courant du XXème siècle et qui, en France, donna naissance à une profession paramédicale reconnue par l’état depuis 1974. Elle représente une mise en lien constante du corps et de la psyché, dans une approche globale de l’individu pour favoriser son adaptation harmonieuse avec l’environnement.    

Bien qu'elle soit en plein essor, cette profession est encore mal connue du grand public. La rééducation et la thérapie psychomotrice s’étayent sur diverses théories, issues de multiples disciplines (psychologie, psychanalyse, biologie, neurologie, anatomie).

Le psychomotricien se propose de stimuler et développer les capacités sensorielles, affectives, cognitives, expressives et motrices du sujet pour qu’il accède à une bonne unité corporelle. Pour cela, il utilise des médiations telles que la relaxation, l’eau, l'expressivité du corps, la danse, le jeu, les stimulations sensorimotrices, l’art thérapie etc. Elle s’adresse à tous types de populations : du nourrisson à la personne âgée, qu'ils présentent ou non des antécédents pathologiques.

 

Notre association

 

Psychomotricité Sans Frontière (PSF) est une association loi 1901. Elle a été créée le 2 juin 2005 par deux étudiantes de l’Institut de Formation en Psychomotricité de la Pitié Salpêtrière (Université Paris 6, Pierre et Marie Curie).

L’association comprend actuellement une trentaine de membres. L’adhésion se fait généralement la première année, cependant les étudiants partent en fin de deuxième année. Cela permet un relais intergénérationnel et une pérennisation des valeurs de l’association. Celle-ci a plusieurs objectifs:

Faire connaître la psychomotricité dans le monde

Promouvoir l'échange culturel et des pratiques psychomotrices entre les étudiants bénévoles, les professionnels locaux, et les parents des enfants.

Favoriser l'éveil des enfants sur les lieux de nos missions, et les stimuler dans leur développement psychomoteur.

Observer d'éventuelles difficultés psychomotrices chez certains enfants et leur proposer une aide et des activités adaptées.

Apporter du matériel dans les structures partenaires (matériel de psychomotricité, de puériculture, scolaire, etc.)

L’association entreprend deux projets de solidarité internationale. Un premier partenariat avec l’ONG « Vivre Ensemble » à MBour au Sénégal, et un second avec  le centre ABAPE au Burkina Faso, mis en place l’année dernière. 

L’échange de savoir, le partage culturel ainsi que l’ouverture relationnelle sont des notions fondamentales dans notre démarche.

 

Notre destination, le Burkina Faso

 

Nom officiel : République démocratique populaire du Burkina Faso (anciennement Haute-Volta) crée en 1984.

Population : 17 812 961 (en juillet 2013)

Superficie: 274 200 km2 

Capitale: Ouagadougou 

Langue officielle : Français

Langues nationales : le Mooré (notamment à Ouagadougou), le Fulfuldé, le Dagara, le Gourmancéma etc.

Indépendance : 4 août 1960

Monnaie : Franc CFA 

Régime : République parlementaire  à suffrage universel

Chef de l’état : Blaise Compaoré, depuis 1987 (réélu en 2010)

Religion: Islam (52 %), Animisme (40%), Catholicisme (30%)

 

“Burkina Faso” signifie “pays des hommes intègres”. Le pays est couramment appelé Burkina ou simplement le Faso. La devise est “Unité-Progrès-Justice”. 

 

Le Burkina Faso est un pays en voie de développement. Il est membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine et de l’Autorité de Liptako-Gourma, qui est chargée de prévenir les crises alimentaires et les sécheresses par la coopération de chaque pays membre. Cependant, un tiers de la population du pays vit en dessous du seuil de pauvreté.

Il est le premier producteur africain de coton malgré l’aridité des sols et l’absence de mise en valeur durant la période coloniale. L’agriculture représente 32 % de l’économie. Il convient par ailleurs de citer quelques productions minières : cuivre, fer, zinc et surtout or.

Le droit à la santé est reconnu par la Constitution du Burkina du 02 juin 1991. Son article 18 admet que la santé, la protection de la maternité et de l’enfance, l’assistance aux personnes âgées, handicapées et aux cas sociaux, constituent des droits sociaux reconnus par cette constitution qui vise à les promouvoir.

 

Le Burkina Faso a notamment fait siens, les valeurs et les principes suivants :

• La santé est un droit fondamental de l’être humain

• La santé est au cœur du développement

• Équité, éthique, justice sociale et solidarité doivent guider les choix en matière de santé

• Les femmes et les hommes ont des besoins de santé spécifiques

• Tout être humain a le devoir de participer individuellement et collectivement à la mise en œuvre des soins de santé qui lui sont destinés

• Le maintien, la promotion et la restauration de la santé impliquent une collaboration multisectorielle et pluridisciplinaire

• Les soins de santé doivent être de bonne qualité.

 

 

Présentation du système de soins:

 

Sur le plan opérationnel, les structures publiques de soins sont organisées en trois niveaux :

 

• Les Districts sanitaires sont chargés de la planification opérationnelle et de la mise en œuvre des programmes de santé. Ils coordonnent les activités des Centres de santé et de promotion sociale et des Centres médicaux avec antenne chirurgicale de leur ressort. Il y a 63 districts sanitaires répartis sur tout le territoire national, qui ont eux-mêmes deux échelons de soins :

- les Centres de Santé et de Promotion Sociale ou CSPS comprennent: un dispensaire, une maternité, un dépôt pharmaceutique et deux logements pour les personnels. (1443 en 2011).

- les Centres Médicaux avec Antenne chirurgicale ou CMA (42 en 2010) qui jouent le rôle d’hôpitaux de district.

• les Centres Hospitaliers Régionaux ou CHR (9 en 2008)

• les hôpitaux universitaires ou CHU (3 en 2008)

 

Par ailleurs, le Service de Santé des Forces Armées Nationales, l’Office de Santé des Travailleurs, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et les services de santé scolaires et universitaires contribuent à l’offre de soins à différents niveaux.

Il existe également des structures privées à but lucratif (on en compte 272 toutes catégories confondues) ou non lucratif (souvent gérées par des ordres religieux, des ONG ou associations).

Enfin, la médecine et la pharmacopée traditionnelles, reconnues depuis 1994 dans le code de la santé publique, jouent un rôle important dans la prise en charge des maladies.

 

Le pays a adopté sa politique nationale sanitaire en 2000. Un plan national de développement sanitaire (PNDS) a été élaboré pour la période 2001-2010 et renouvelé pour 2011-2020. Les axes stratégiques retenus sont :

Le développement du leadership et de la gouvernance dans le secteur de la santé ;

L’amélioration des prestations de services de santé ; 

Le développement des ressources humaines pour la santé ; 

La promotion de la santé et lutte contre la maladie ;

Le développement des infrastructures, des équipements et des produits de santé ;

L’amélioration de la gestion du système d’information  sanitaire ; 

La promotion de la recherche pour la santé ;   

L’accroissement du financement de la santé et l’amélioration de l’accessibilité financière des populations aux services de santé.

 

 

Ouagadougou

 

Ouagadougou, appelée familièrement Ouaga, est la capitale du Burkina Faso et la plus grande ville du pays, avec une population de 1,62 million d’habitants en 2012. C’est une ville recensant une forte diversité ethnique, qui est devenue la capitale de l’artisanat africain.

La ville a été fondée au XIe siècle par les Nyonyonsé. Situé dans la province du Kadiogo, c'est le centre culturel, économique et administratif du pays.

La ville a peu d'industries, celles-ci sont développées principalement dans les domaines agroalimentaires et textiles.

Pour les transports, un aéroport international est présent. La ville est également le terminus d'une voie ferrée en provenance d'Abidjan (Côte d'Ivoire) et de grands axes la relient notamment à Lomé (Togo), Bamako (Mali), Niamey (Niger), Accra (Ghana). La ville dispose également d'une ligne de bus, cependant les habitants de Ouagadougou circulent beaucoup en deux roues.

 

L'université de Ouagadougou, premier établissement d'enseignement supérieur du pays, a été fondée en 1974. Récemment, de nombreux autres établissements d'enseignement supérieur sont apparus : l'université polytechnique de Bobo, l'université de Koudougou, l'institut des Sciences informatiques et de gestion (ISIG) de Ouagadougou.

Au niveau du cadre de santé, la ville dispose d'infrastructures publiques (comme le centre hospitalier national Yalgado Ouédraogo) et de beaucoup d'infrastructures privées. Elle est divisée en cinq districts sanitaires :

- Boulmiougou

- Bogodogo

- Sig-Nonghin

- Baskuy

- Nongr-Massom

Exemple du district sanitaire de Boulmiougou :

Ce district couvre une population d’environ 170 000 habitants. Il compte 1 centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) et 7 centres de soin et de promotion sociale (CSPS). En ressources humaines, cela correspond à :

- 2 médecins

- 42 infirmier(e)s

- 17 sages-femmes

- 32 accoucheuses auxiliaires

 

NOTRE PROJET:

I.Le centre ABAPE

 

Tout a commencé quand Boukari Pamtaba, jeune psychologue, préoccupé par les difficultés d’insertion des enfants autistes dans la société Burkinabè a mis en place des visites à domicile pour venir en aide aux familles. Pour cela il a créé, en 2010, l’association ABAPE (Association Burkinabè d’Accompagnement Psychologique et d’aide à l’Enfance). Face à la demande et dans la continuité de son projet, il créa, en août 2011, un centre de prise en charge psychoéducatif des enfants et adolescents en situation de handicap mental. 

L’objectif de Boukari est de prendre en charge ces enfants en les amenant vers l’autonomie pour faciliter leur intégration au regard de la société et palier à l’insuffisance de ce type de structure. Le centre se situe dans l’arrondissement de BOGODOGO, il comprend un service de prises en charge psychologiques, un service éducatif et socio-éducatif, un service pédagogique ainsi qu’un service orthophonique. L’équipe est composé de douze professionnels à temps plein : 7 psychologues, 2 monitrices, 2 aides maternelles et 1 secrétaire. De plus, quatre professionnels externes interviennent de manière ponctuelle : 1 orthophoniste, 2 éducateurs spécialisés et 1 moniteur sportif et culturel. Le centre accueille 15 enfants dont 12 autistes et 3 déficients mentaux. Par ailleurs, Boukari ayant été satisfait de notre première collaboration, souhaite pérenniser ce partenariat. A long terme, Mr Pamtaba aimerait intégrer une école dans ce centre. 

 

   Les pathologies: 

 

La déficience intellectuelle:

 

La déficience intellectuelle ? C'est quoi exactement ?

 

La déficience mentale (ou intellectuelle) correspond à la restriction des capacités cognitives d'un individu par rapport à une moyenne, le Quotient Intellectuel (la norme étant un QI entre 85 et 110). Elle induit des difficultés d'adaptation plus ou moins importantes dans certains domaines de la vie. En effet, les gestes quotidiens peuvent être perturbé, l'autonomie limité, la communication et les capacités sociales lacunaires et enfin l'intégration scolaire et/ou professionnelle peut devenir difficile voire impossible.

 

En France 2 000 000 de personnes souffrent de déficience intellectuelle. Elles sont pour la plupart légères (QI < 70), permettant une relative autonomie de l’individu. D’autres, dites modérées (QI < 55) correspondent à un niveau scolaire de cours préparatoire et ne permet une insertion professionnelle que dans une structure adaptée. Enfin, la déficience sévère ou profonde (QI < 40) entrave de manière importante l’indépendance des individus.

 

L'origine d'une déficience intellectuelle demeure très variable. Elle peut advenir à la suite d'une altération génétique (Trisomie 21, syndrome de Klinefelter, de Turner, d'Angelman....). Elle peut être provoquée par une affection acquise pendant la vie intra ou extra utérine du petit (AVC, infection, traumatisme crânien...). Enfin un manque de stimulation et/ou des carences affectives pendant la petite enfance, peut être aussi à l'origine de la pathologie.

 

Quel est  le rapport entre la psychomotricité et la déficience intellectuelle?

 

La psychomotricité s’intéresse au corps de l’Être Humain, à ses attitudes et ses gestes dans ses dimensions affectives, psychologiques et relationnelles. En ce sens elle est mise à mal dans la déficience intellectuelle à plusieurs niveaux.

En effet la plupart des déficiences sont associées à des affections corporelles, (comme les troubles sensoriels, orthopédiques, neurologiques, malformations etc.) qui limitent les expériences motrices de l'enfant fondamentales à son développement psychomoteur. Ainsi, la connaissance et l’appropriation du schéma corporel deviennent abstraites. Les gestes demeurent maladroits et inadaptés dans le temps et l'espace. Ces troubles altèrent d’autres domaines comme le tonus, les attitudes corporelles et les postures. L'ensemble de cette sémiologie, couplé au trouble cognitif, engendre des troubles psychiques, affectifs et relationnels plus ou moins important. En conséquence, c'est l'autonomie, l'intégration des expériences sensorielles, le graphisme, la symbolisation et l’imagination qui s'en trouvent altérés. 

 

L'AUTISME: 

 

L'Autisme ? Qu'est-ce que c'est ?

 

On parle d’autisme pour des personnes présentant une altération des fonctions cognitives qui touche les capacités de communication et de socialisation. Communément on décrit l'enfant autiste comme « dans sa bulle». Il semble indifférant au monde extérieur, replié sur lui-même, fuyant le regard. Ses activités demeurent restreintes et répétitives, il paraît s'y réfugier pour s’isoler. Les gestes de l’enfant peuvent sembler anormaux on les appelle les stéréotypies (secouement des membres, frottement, balancement etc...). Enfin le système sensoriel de l'enfant est complètement bouleversé, il souffre d'hyposensibilité et/ou d'hypersensibilité induisant des troubles du comportement. A titre d'exemple, le bruit d'un aspirateur peut être ressenti comme le son du décollage d'un avion, une caresse comme une brûlure intense. 

 

L'autisme reste un terme flou. Son étiologie et sa prise en charge demeurent sans cesse remises en question oscillant entre les théories psychanalytiques et comportementales. Il existe autant de types d'autisme que d'enfants atteints de cette maladie il est donc difficile de le définir et l'accompagnement des patients se fait cas par cas. Nous pouvons imaginer qu'au Burkina Faso la définition, l’étiologie et le suivi des enfants autistes doivent aussi être différents. Leur vision ne peut que nous enrichir pour notre future pratique.

 

Pour faciliter la compréhension de cette maladie nous retiendrons les deux critères fondamentaux et officiels dans le diagnostic de l'autisme en occident.

 

Le trépied autistique:

 

Les troubles de la communication. Ils s’illustrent par un langage verbal et infra verbal en retard, rudimentaire voire absent et par l'absence de jeux d'enfants traditionnels.

Les troubles des interactions sociales. Ils touchent la compréhension et l'expression des émotions, les relations avec les pairs et les difficultés à réguler les interactions

Les troubles du comportement, exprimés par des activités restreintes et répétitives.

 

Les symptômes se sont installés avant l'âge de 3 ans.

 

On ne guérît pas de l’autisme, c'est une maladie, un état psychique, qu'on garde toute la vie. Mais il est possible d'atténuer les symptômes de certains enfants. Une insertion sociale est même envisageable si le suivi se fait le plus tôt possible. La thérapie psychomotrice constitue un des moyens utilisés dans l'accompagnement de ces enfants.

 

Lien entre psychomotricité et autisme ?

 

Chez l’enfant autiste, la motricité relationnelle et la communication infra verbale sont inadaptées à l’environnement. Il s'auto stimule et s'automutile pour comprendre les limites d'un corps qu'il semble ne pas maîtriser. Dans certains cas le mouvement peut même devenir un moyen pour s’échapper encore plus d’une réalité trop angoissante pour l'enfant.

Ses stéréotypies et activités restreintes inhibent son attention. Les mouvements demeurent anormaux et ne permettent pas de comprendre son environnement et son corps. L'espace et le temps ne sont pas intégrés. Enfin les troubles sensoriels enferment l'enfant dans son monde.

C'est par tous ces points que la psychomotricité prend tout son sens. La verbalisation, les stimulations sensorielles adaptées, et surtout beaucoup de contenance peuvent permettre à l'enfant de comprendre et découvrir la vie extérieure.

 

Nos objectifs et les moyens mis en œuvre

 

De par notre formation en psychomotricité, le corps occupe une place de première importance dans les activités et les médiations que nous sommes amenés à proposer. C’est en effet en passant par le corps et les activités motrices que l’enfant, dès le début de la vie, prend connaissance du monde qui l’entoure. Il apprend ainsi à relier toutes les informations sensorielles qui lui parviennent, ce qui lui permet de se sentir exister comme un être complet et unifié. C’est également grâce à ses actions sur son environnement que le psychisme de l’enfant va se structurer. La psychomotricité postule donc qu’une action physique aura un effet sur le psychisme de l’individu et réciproquement. Ainsi, en utilisant le corps comme médiation, la psychomotricité peut permettre à l’individu d’établir des liens plus étroits entre son corps et son monde interne, et ainsi parvenir à une meilleure harmonie corps-esprit.

L’utilisation d’une médiation peut également permettre l’établissement d’une communication et d’un échange entre deux individus, qui aurait été impossible ou difficile sur le mode verbal. A ce titre, et au vu de nos connaissances actuelles, nous nous proposons de mettre en place différents ateliers psychomoteurs au cours de notre séjour, dans le but de mettre en pratique nos connaissances et d’échanger avec les enfants, parents et le personnel soignant afin de créer une relation de confiance.

 

L’enveloppe 

Nous avons décidé d’axer une partie de nos activités sur l’enveloppe. L’enveloppe psychocorporelle de chaque individu se construit dans les premiers mois de la vie. C’est une limite qui sépare deux espaces et en même temps c’est une interface qui sert aux échanges. Cette enveloppe à la fois psychique et physique contient le bébé, le sécurise et lui permet de se développer de manière harmonieuse. Chez les enfants autistes, cette enveloppe fait défaut. Ce sont des enfants qui ont la sensation d’être morcelé et ne ressentent pas leur corps de manière unifiée. Nous allons donc proposer des activités contenantes à la fois sur le plan physique, par le biais de mobilisations, de percussions osseuses, de massages et d’enroulement dans divers tissus, à partir desquelles l’enfant va pouvoir prendre conscience de son corps et de ses limites. Mais aussi sur le plan psychique en proposant un cadre sécurisant à partir duquel l’enfant pourra  aller à la rencontre de son environnement.

 

Le jeu 

Le jeu occupe une place centrale dans la vie et le développement de l’enfant. Il facilite l’entrée en relation, la socialisation et le développement des capacités relationnelles. Il permet de travailler de manière ludique la motricité globale, plus précisément les coordinations des membres, l’équilibre dynamique ou statique, la posture… par des jeux moteurs. Mais également un travail sur la motricité fine avec des jeux plus manuels favorisant le déliement digital, la régulation tonique, le suivi oculo-manuel…

Le jeu va donc mettre ici en valeur les compétences de l’enfant, avec un effet valorisant, tout en permettant de maintenir ou de développer des capacités plus fragiles.

Il peut permettre également de faciliter la communication pour des enfants qui n’ont pas accès au langage par des jeux à expression corporelle comme la danse, mais aussi à expression artistique par la peinture ou le modelage. Bien évidemment, ce projet ne prend sens que s’il est partagé avec l’équipe locale. De plus, nous sommes à l’écoute des attentes et des besoins sur place. Nous prendrons soin de nous adapter au fonctionnement du centre. 

 

Le matériel 

Lors du projet paaspanga l’un de nos objectifs est d’apporter du matériel adapté aux besoins du centre ABAPE et au développement des enfants. Nous avons donc contacté Boukari Pamtaba afin qu’il nous communique précisément ce qu’il manque au centre au niveau mobilier et pédagogique. Les anciennes adhérentes de PSF, parties l’année dernière, nous ont également communiqué leurs impressions sur les besoins matériel du centre. (Nous avons donc prévu d’apporter une partie du matériel de France et d’acheter également sur place (mobilier, matériel lourd), afin de faire marcher l’économie locale et de s’adapter à ce que la première équipe constatera à leur arrivée au centre. Nous amènerons aussi du matériel pédagogique que les enfants pourront utiliser en séance avec nous, les psychologues et les éducateurs. Ce matériel nous permettra de travailler sur certains aspects de la psychomotricité : l’éveil sensoriel (bulles, traces de pas, différents tissus, balles à picots, instruments de musiques, ballons de baudruche…), la motricité globale (balles, cerceaux…), motricité fine et graphisme (perles, feutres, feuilles…). La première équipe pourra communiquer ce qu’il manque aux équipes suivantes pour compléter le panel de matériel.

 

 Le calendrier des équipes

 

La première équipe composée de Violaine, Juliette et Valentine, partira du 18 mai au 24 juin. Amandine, Aimée et Solène, la deuxième équipe, viendront du 19 juin au 26 juillet. Pour finir, la troisième équipe sera sur place du 22 juillet au 28 août avec Marion, Laura et Adeline. Chaque équipe se chevauche pour permettre un temps d’adaptation et un relais efficace pour la continuité du projet.