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Or[Togo]phonie

Nous sommes 5 étudiantes en 3ème année d’orthophonie de l’Institut Gabriel Decroix à Lille. Nous souhaitons participer au développement et à la promotion de l’orthophonie au Togo, pays où cette discipline est très peu connue et pratiquée. Aux côtés de 2 orthophonistes togolais, nous mènerons durant 2 mois, des actions de prévention, de dépistage et de prise en charge des troubles du langage et de la communication, qui constituent un véritable handicap dans cette société de tradition orale. Il s’agira aussi d’apporter et de créer du matériel de rééducation orthophonique adapté à la culture togolaise. Nous interviendrons dans un hôpital et un centre régional d’appareillage orthopédique auprès de patients atteints d’infirmité motrice cérébrale, de surdité ou ayant subi un AVC, un traumatisme crânien ou bien encore souffrant de bégaiement, de dyslexie. Nous soutiendrons également les actions d’associations locales en mettant à profit nos compétences de futures orthophonistes dans le domaine de la prévention de l’illettrisme, notamment à travers d’animations socio-éducatives auprès d’enfants vulnérables.

 

 

QUI ?

Nous sommes 5 étudiantes en 3ème année d’orthophonie à l’Institut Gabriel Decroix à Lille, arrivant au terme de notre formation théorique :

-   Audrey Altman, 23 ans, chargée de l’organisation d’actions au sein de l’équipe

-   Pauline Laurin, 25 ans, chargée des modalités administratives, médicales et logistiques

-   Lorène Praud, 22 ans, chargée de la communication avec les partenaires togolais

-   Raphaël Quesney, 21 ans, responsable de la trésorerie 

-   Coralie Sallé, 25 ans, responsable du projet

Nous sommes membres de l’association Ortho’Go. OrthoGo est une association d’étudiantes en orthophonie qui mènent des actions de solidarité :

-   Au niveau local, dans la région Nord-Pas de Calais, en organisant des ateliers d’éveil et de lecture au sein de foyers mère-enfants

-   Au niveau international, en Afrique, en contribuant au développement et à la promotion de l’orthophonie, et à la lutte contre l’exclusion. Au cours de ces 10 dernières années, l’association a mené de nombreux projets de solidarité internationale, notamment au Bénin, au Burkina Faso, à Madagascar, au Mali, au Sénégal et au Togo. Ceci nous a permis d’acquérir une certaine légitimité sur le plan international.

 

Pourquoi vouloir réaliser ce projet ?

 

Depuis notre entrée à l'école d'orthophonie, nous avons été sensibilisées aux actions menées par l'association Ortho'go, ce qui a suscité notre intérêt pour la solidarité internationale. Le constat réalisé montre qu’il est effectivement important d’intervenir : dans un pays où le nombre de personnes handicapées est estimé à plus de 630 000 (soit 10 % de la population selon les projections de l'OMS), une enquête menée par Handicap international Togo en 2007, montre que 17,7 % des personnes en situation de handicap ont des troubles de la communication et que leur prise en charge n’est pas encore assurée efficacement dans le cadre du programme national. En effet, la profession d'orthophoniste n'existait pas dans le pays avant 2000, et les personnes atteintes de ce type de troubles n'étaient pas prises en charge. Le personnel soignant est aujourd’hui en demande d’information, le matériel adéquat est quasiment inexistant, et le nombre limité d’orthophonistes ne permet pas de subvenir aux besoins de la population togolaise dans ce domaine.

En 2010, les étudiantes parties à Lomé ont été sollicitées pour étendre leur action au nord du pays, à Kara. Cette ville n’est alors dotée que d’un seul centre pour accueillir tous handicaps confondus et la pratique orthophonique y est très peu développée. Les professionnels locaux, soucieux de faire évoluer la situation ont fait part de leur volonté de travailler avec des personnes pouvant les aider à développer cette discipline

 

Il était donc important pour nous de saisir cette occasion de partage, d'échange international pour mettre à profit nos compétences en devenir et de réaliser une expérience à la fois professionnelle et personnelle.

Cette opération nous apprend à travailler en équipe, à nous mobiliser et à nous responsabiliser. Elle nous permet également d’approfondir notre connaissance de la solidarité internationale, et de ses enjeux et d’y sensibiliser d’autres étudiants. De plus, nous découvrirons une approche différente de l’orthophonie qui enrichira notre propre conception du métier et nous sera extrêmement bénéfique pour l’exercice futur de notre profession. Le peu de moyens accordés à l’orthophonie au Togo va nous amener à développer notre créativité, notamment par la confection de matériel. Le partage de savoir-faire et d’expérience avec divers professionnels de santé, et des orthophonistes ayant reçu une formation différant de la nôtreconstituent une réelle motivation pour nous cinq.D’autre part, ce projet ne peut qu’offrir énormément sur le plan humain. Nous avons, par le biais de ce projet, la chance de découvrir un pays, une culture et une manière de vivre tout autre, ce qui représente pour nous un enrichissement de taille.

 

Avec qui ?

Grâce aux contacts établis lors des projets des années précédentes, nous avons pu contacter et être contacter par des orthophonistes ou directeur de centre où interviennent des orthophonistes, mais également par les représentants d’associations locales intéressées par nos interventions. Nous avons également sollicité France volontaires Togo afin d’obtenir des informations sur les structures dans lesquelles nous serions susceptibles d’intervenir, compte tenu de nos compétences.

Grâce à des contacts réguliers avec nos interlocuteurs togolais, nous essayons de cibler au mieux leurs besoins sur place afin de  répondre à leur demande. Ainsi, nous travaillerons en partenariat avec :

-   Monsieur Gilles Bak, orthophoniste au CHU de Kara (e-mail : [email protected])

-   Monsieur Yao Tchendama, orthophoniste au Centre Régional d'Appareillage Orthopédique (CRAO) de Kara

-   Olivier Jeannier, président de l’association Léa Togo

Léa-Togo, association basée dans le Doubs en France et gérée au Togo par Sœur Léa Magnan, infirmière togolaise, permet d’accueillir des enfants orphelins ou maltraités et d’assurer leur éducation. Grâce au soutien financier et matériel des donateurs, l’association se développe dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Elle a aussi pour but d’échanger entre enfants français et togolais afin de mieux comprendre les mentalités et les diversités culturelles.

http://leatogo.blogspot.fr/

-   Edmond Mawulé Kouedjin, président de l’association SOSVol (Savoir Oser la Solidarité pour le Volontariat)

SOSVOL est une association actrice de développement local au Togo. Elle accueille nombre de volontaires voulant participer à l’exécution de projets communautaires permanents comme l’animation socio-éducative et culturelle des enfants, l’aide à l’intégration familiale, la sensibilisation sur les droits et les devoirs des enfants, la mobilisation contre les IST et virus VIH, le reboisement. Elle permet également de mener des actions plus ponctuelles en participant à des chantiers : construction d’écoles, dispensaires, réservoirs d’eau, toilettes…

http://www.sosvol.fr.gd/

 

-   Yolande Ahoomey, présidente de l’association ASEPTOT (Association des Etudiants et Professionnels Orthophoniste du Togo)

 

Cette association contribue à la promotion et au développement de l’orthophonie au Togo, notamment par la centralisation, le tri et la redistribution du matériel orthophonique et pédagogique issu de don, en fonction des besoins et demandes des différentes structures du pays.

 

Pour qui ? Pour quoi ?

 

D’abord pour les patients.

Le CHU de Kara dispose de services de chirurgie, médecine générale, pédiatrie,traumatologie, ORL, ophtalmologie, et kinésithérapie dans lesquels intervient un seul orthophoniste. Nous serons donc amenées à intervenir auprès de tous les patients nécessitant une prise en charge orthophonique. Il peut s'agir de patient souffrant de difficultés pour communiquer, parler, lire, écrire, apprendre... Cela concerne tous les âges et des domaines aussi vastes que

-   le handicap mental (trisomie 21, déficience intellectuelle)

-   le handicap moteur (IMC, polyhandicap)

-   la surdité

-   l’autisme

-   les troubles neurologiques (AVC, tumeurs, traumatismes crâniens)

-   les pathologies neurodégénératives (Alzheimer, Sclérose en Plaques, Parkinson)

-   les troubles de la voix (dysphonies, laryngectomies)

-   les troubles des apprentissages (dyslexie, dysphasie, dyscalculie)

Le but est de faciliter le développement ou le maintien de la communication orale ou écrite, et de l’alimentation. Il est d’autant plus important de prendre en charge ces troubles que l’on sait qu'un trouble de la communication rend difficile voire impossible une bonne insertion scolaire, culturelle, professionnelle et sociale. Nous espérons ainsi contribuer à l'amélioration de la qualité de vie des patients.

 

Au centre régional d’appareillage orthopédique, nos actions concerneront essentiellement des personnes souffrant d’un handicap moteur.

 

Mais aussi son entourage.

Il est également primordial que l’entourage soit impliqué dans la prise en charge afin que ce qui est appris en séance d'orthophonie puisse être réinvesti dans la vie quotidienne mais aussi qu’il puisse mieux comprendre le handicap de leur proche, et trouver des réponses à leurs questions.

 

Et des enfants accueillis dans des orphelinats. Avec les associations locales, nous interviendrons lors d’animations socioéducatives par la réalisation d’activités créatives, manuelles et ludiques (collage, dessin, jeux, contes, chants et danse, fabrication d’objets divers). Il s’agira aussi de prévenir l’illettrisme, par la promotion de la lecture et de la notion du livre grâce à des ateliers contes ou l’aide à l’apprentissage de la lecture par exemple. 

 

 

Sans oublier les étudiants togolais.

Nous avons la chance d’intervenir au Togo, et donc de pouvoir rencontrer les étudiants de l’ENAM, seule école d’orthophonie d’Afrique de l’ouest. Nous avons donc pour projet de mettre en place un partenariat durable avec eux, en mettant en place un outil permettant de faciliter les échanges entre les étudiants togolais et lillois, via les réseaux sociaux par exemple. De plus, nous voudrions permettre aux étudiants de l’ENAM qui le souhaitent et le peuvent de réaliser des stages en France, nos contacts avec les anciens membres de l’association maintenant diplômés et nos maîtres de stages pouvant permettre la mise en place d’un réseau facilitant leur accueil.

 

Comment mener à bien ce projet ?

 

Afin de faire connaître l’association et notre projet, nous utilisons différents moyens de communication :

-   Internet : Réseau social via notre compte Facebook « Ortho’Go Lille », page consacrée à notre association sur le site de l’ACEOL (association corporative des étudiants en orthophonie de Lille), diffusion de newsletter à nos adhérents via notre adresse mail ([email protected]) et un site internet est actuellement en construction.

-   Les médias : article dans dans la Newsletter de la faculté de Lille 2 et de Cap’Solidarité. Nous contactons actuellement les journaux locaux afin d’obtenir la publication d’articles traitant de notre projet.

-   Plaquettes d’informations sur l’association et notre projet distribuées lors des actions d’autofinancement.  

-   Interventions publiques : réunions afin de sensibiliser les étudiants à la solidarité internationale, et rendre compte de nos actions et de l’avancée de nos projets, intervention lors de la semaine de la solidarité internationale.

 

La concrétisation de ce projet n'étant possible qu'avec des apports financiers, nous recherchons tout au long de l'année des financementspar des demandes de subventions (auprès du conseil régional du Nord Pas-de-Calais, du conseil général du Nord, du CROUS, du SEVE), des actions d’autofinancements (organisation de soirées à thème, , de stand restauration et buvette, de tombola, emballagede cadeaux de noël) et des demandes de dons (auprès des éditeurs de matériel orthophonique, de fondations, etc.).

Aussi, voici notre budget prévisionnel :

 

Afin d’être préparer au mieux à notre projet, nous suivons également des formations auprès de l’association Cap’solidarité et la maison des associations de Lille.

 

Quand ?

Elaborer un tel projet nous occupe tout au long de l’année.

 

Et après ?

 

Nous sommes conscientes que nous ne restons sur place que durant deux mois ; or l'orthophonie est par définition une action à long terme. Nous mènerons donctoutes nos activités avec les professionnels locaux : notre action commune pourra ainsi être perpétuée au bénéfice de la population locale. Notre souhait est d'aider à la mise en place de stratégies facilitant la communication adaptées aux enfants, aux adultes, et à leurs différentes pathologies, tout en respectant les pratiques togolaises, afin qu'elles soient reprises une fois notre action terminée. Nous souhaitons également intégrer durablement le jeu, le conte et l’imaginaire de l’enfant à une pratique orthophonique adaptée à la culture togolaises, et ce, en partenariat avec les thérapeutes, les familles et les patients.De plus, nous allons animer des ateliers de création de matériel avec les professionnels et les familles afin de les impliquer dans le processus de prise en charge. Nous espérons ainsi les inciter à faire perdurer cette action après notre départ. Afin d’assurer la pérennisation de notre projet, nous mettrons en place des carnets de suivi qui incluront des fiches patients qui resteront sur place afin que les professionnels y aient accès, et puissent assurer la continuité des rééducations et des ateliers mis en place. C'est l'autonomie de nos partenaires que nous visons.

 

Notre projet s’inscrit dans la continuité des actions mises en place les années précédentes et a pour ambition d’être poursuivi dans les prochaines années. Nous soutenons donc dès aujourd’hui tous les étudiants de deuxième année qui s’intéressent au projet et nous les accompagnerons dans l’élaboration de leur projet. De plus, nous avons élaboré un questionnaire, à destination des professionnels, des familles et des patients avec lesquels nous travaillerons, afin de connaître :

-   Les points positifs de nos actions : amélioration de la prise en charge, progrès des patients, reprise de nos actions après notre départ.

-   Les points négatifs : changement ou amélioration à apporter, demandes particulières (formation, prise en charge…) pour les années suivantes

 

Dès notre retour, nous comptons également présenter le résultat de nos actions et partager nos expériences, tant sur le plan orthophonique que personnel, à travers des expositions photos notamment.

 

La solidarité internationale concerne chacun de nous à notre niveau propre. La sensibilisation est l'affaire de tous. Nous nous engageons pour notre part à effectuer nos actions dans le respect de chacun, avec bienveillance et discernement.