Les psychomot' à M'Bour
Nous sommes 10 étudiantes en psychomotricité de l’association Psychomotricité Sans Frontières (PSF) réalisant un projet solidaire à la pouponnière M’Bour au Sénégal en partenariat avec l’ONG « Vivre ensemble Madésahel ». Ce projet a pour but d’y faire connaître et de promouvoir l’échange de pratiques psychomotrices entre les bénévoles et les professionnels présents.
LE PROJET : BOKKOO
Depuis sa création en 2005, l’association PSF a instauré un partenariat avec l'ONG « Vivre Ensemble Madésahel », qui est à l'origine de la création d’un centre d’accueil pour adolescents français en séjour de rupture, d’une pouponnière, d’une unité familiale et d’une structure d’accueil d’enfants de 3 à 10 ans à Mbour, au Sénégal. L’ONG s’est rapidement développée et, au-delà de son action pour la protection de l’enfance, elle travaille également auprès des populations démunies. Elle compte actuellement 215 enfants dans le centre. Cette année, nous renouvelons notre partenariat au sein de la pouponnière pour y organiser le projet bokkoo, de fin mai à fin août 2014. Nous accordons une grande importance à l’échange dans notre projet. C’est pourquoi nous avons choisi Bokkoo signifiant échanger, partager en wolof.
En tant que futures psychomotriciennes nous accordons une grande place à la culture. Celle-ci fait partie intégrante de l’histoire de l’individu et nous ne pouvons envisager l’individu sans cette composante. En psychomotricité il ne s’agit d’imposer notre clinique mais de la proposer. C’est pourquoi nous ne partons pas dans une optique d’apports de savoirs mais bien d’échange.
L’ASSOCIATION
PSF (Psychomotricité Sans Frontières) est une association loi 1901, créée le 2 juin 2005 par deux étudiantes en psychomotricité de l’Institut de Formation en Psychomotricité de La Pitié-Salpêtrière (Université Paris VI, Pierre et Marie Curie). C’est une association composée d’étudiant(e)s mais aussi de professionnels en psychomotricité. Cette année déjà nous avons la chance d’avoir une jeune diplômée italienne dans l’association.
Les objectifs de l’association :
- Faire connaître la psychomotricité.
- Promouvoir l’échange de pratiques psychomotrices entre les bénévoles et les professionnels du monde entier.
- Favoriser l'éveil des enfants de la structure où nous réalisons notre mission
- Stimuler ces derniers dans leur développement psychomoteur.
- Proposer un suivi pour ceux qui présenteraient un retard psychomoteur.
- Apporter du matériel répondant aux besoins de la structure (matériel de. psychomotricité, de puériculture, médical, ...).
- Sensibiliser les professionnels locaux à l’approche psychomotrice d’un enfant carencé
- Enrichir l’expérience personnelle et professionnelle des bénévoles par la rencontre de diverses cultures et pratiques professionnelles.
L’association peut être le cadre de différents projets, de différentes missions. Initialement, seul le partenariat avec l’ONG « Vivre Ensemble » avait été mis en place.
L’année dernière, un nouveau projet a vu le jour dans un centre pour autistes et déficient mentaux à Ouagadougou au Burkina Faso en partenariat avec l’association ABAPE. Ce projet s’est très bien passé et le centre nous a demandé de réitérer un projet similaire.
A long terme, PSF a pour but de créer un vrai relais entre les étudiants en psychomotricité, les professionnels et les centres de différents pays du monde. Au-delà de l'apport de matériel, notre mission reste centrée sur l’échange. Ce partage sera certes orienté sur des connaissances utiles à la prise en charge quotidienne des enfants mais portera aussi sur la culture locale et les relations que nous pourrons tisser avec les équipes sur place. En effet, la motivation de l'association et de ses bénévoles ne repose pas seulement sur un apport pur de pratiques professionnelles mais bien plus sur l’établissement d’un contact humain transculturel. Notre volonté première est de partager avec des personnes connaissant les enfants que nous allons rencontrer et d’apprécier le développement psychomoteur de ces enfants, parfois différent de celui des enfants français. En outre, l’environnement socioculturel et géographique influence l’approche corporelle.
QU’EST-CE QUE LA PSYCHOMOTRICITE ?
La psychomotricité est une discipline paramédicale dont l’exercice est soumis à l’obtention d’un Diplôme d’Etat, depuis 1974. Cette profession, en plein essor, est encore peu connue du grand public. La thérapie psychomotrice s’étaye sur diverses théories, issues de multiples disciplines (psychologie, psychanalyse, neurologie, anatomie...). Elle se propose de stimuler et de développer l’intégration des capacités toniques, sensitives, affectives et représentatives du sujet en vue de créer une harmonie entre le corps et l’esprit. L’objectif est d’amener l’individu vers un meilleur investissement corporel grâce à des médiations telles que la relaxation, l’expressivité du corps, le jeu, les stimulations sensori-motrices... La thérapie psychomotrice se présente comme un travail de lien entre le vécu corporel et le vécu psychique, et s’envisage dans une approche globale de l’individu. Elle s’adresse à tous types de personnes : nourrissons, enfants, adultes, personnes âgées, ayant des antécédents pathologiques ou non.
En définitif, la psychomotricité est une discipline qui vise à construire, reconstruire ou consolider le lien entre le corps et le psychisme afin de permettre à l’individu de s’adapter harmonieusement à son milieu.
PRESENTATION DU PROJET
M’BOUR
M’bour est une ville située à 85 km au sud de Dakar. C’est le deuxième port de pêche du pays. C’est également un lieu de vacances et de loisirs qui attire de nombreux touristes. Certains domaines sont encore à développer, notamment celui de la scolarité. L’urbanisation galopante démontre une prospérité que peu de villes sénégalaises peuvent exhiber. Néanmoins la situation économique d’une grande partie de la population est plus que préoccupante : il leur est alors difficile de faire des projets car ils vivent au jour le jour et l’essentiel de leur activité est consacrée à la survie quotidienne. Pour le plus grand nombre les revenus sont faibles et censés couvrir les dépenses de familles nombreuses. Cette situation a de multiples incidences sur la nutrition, la scolarité, le moral, la santé et la qualité de vie de tous.
Sur le plan sanitaire, les structures de santé sont insuffisantes et encore inaccessibles pour un grand nombre de personnes trop démunies : les déplacements, l’accès aux soins et les médicaments sont souvent hors de portée et contraint la population à patienter trop longtemps. Depuis certains villages et notamment pendant la saison des pluies, ce n’est qu’en charrette que les habitants peuvent aller se soigner, moyennant souvent la participation de l’entourage. De plus de nombreuses femmes ne sont peu ou pas suivies durant leur grossesse : mal préparé, accueilli dans des structures inadaptées à l’urgence, l’accouchement se révèle souvent dramatique, laissant démunis familles et nouveau-nés.
LA POUPONNIERE
La pouponnière d’origine disposait d’une vingtaine de places. Elle accueille aujourd’hui près de 215 enfants dont les familles sont en difficultés matérielles ou psychologiques: mère décédée, malade, incarcérée ou familles trop démunies pour subvenir aux besoins primaires de leurs enfants. Certains enfants peuvent également être abandonnés malgré leur bas âge. La pouponnière prend en charge les enfants dans ses différentes sections. Ces sont les assistantes maternelles qui s’en occupent. Des bénévoles, qui ne sont pas souvent formés à la petite enfance, sont aussi présents sur le lieu. Pour des raisons financière la pouponnière est aussi ouverte aux touristes qui sont une source de dons importante.
NOS OBJECTIFS
Notre réflexion pour trouver de nouveaux objectifs s’est orientée en fonction des retours faits par les étudiants partis les années précédentes à la pouponnière. Beaucoup de matériel psychomoteur a été apporté, des formations théoriques ont été réalisées pour les assistantes maternelles. Nous avons réévalué les besoins de la pouponnière en fonction des améliorations.
Nos objectifs sont les suivants :
- Stimuler et accompagner le développement psychomoteur des enfants : à un niveau moteur, sensoriel, affectif, psychique et social. En utilisant les cinq sens, le rythme et la voix.
- Faire émerger les potentialités et les difficultés de l’enfant ayant des troubles psychomoteurs : l’enfant prend conscience de ses possibilités et cela l’encourage à aller vers de nouvelles expériences.
- Individualité de l’enfant : mise en place d’activités qui l’amèneront à se différencier d’autrui. L’enfant doit pouvoir se sentir unique et construire sa propre identité notamment par son expérience sensori-motrice.
- Valorisation de l’enfant et socialisation : par un gain de confiance en soi, l’enfant peut aller vers l’autre et trouver sa place dans un groupe.
- Un échange professionnel entre les différents intervenants à la pouponnière : nos connaissances psychomotrices sur les carences affectives seront partagées avec tous, assistantes maternelles mais aussi bénévoles. Les assistantes maternelles ont également beaucoup à nous apprendre, étant en contact quotidien avec les enfants et ayant une approche professionnelle et culturelle différente de la nôtre.
- Echanger avec les bénévoles et les touristes sur place : en les sensibilisant aux carences affectives et aux contacts à adopter avec les enfants carencés. Nous laisserons sur place des dépliants sur les carences affectives pour qu’il reste une trace après notre départ.
- Enrichir la théorie par des séances pratiques : proposer aux assistantes maternelles des activités psychomotrices spécifiques avec les enfants en difficultés et le matériel adéquat.
- Un travail de prévention : Grâce à nos actions d’échanges et de conseils, nous espérons permettre aux assistantes maternelles de pouvoir observer et prévenir les différents troubles qui découlent des carences affectives.
- La pérennisation: intégrer à long terme dans la pratique des assistantes maternelles l’approche psychomotrice, et ceci en vue d’un détachement progressif. Nous prendrons en compte par un questionnaire les connaissances acquises, le reste de projets passés.
Nous partons depuis 9 ans, il est donc important pour nous de suivre et de reste en concordance avec les projets passés. Notre but, au long terme, est de pouvoir intégrer la psychomotricité dans le quotidien de la pouponnière.
LES BENEFICAIRES
Notre projet touche essentiellement les enfants mais aussi les professionnels de la pouponnière M’Bour. Mais il nous portons aussi une attention aux autres bénévoles présents à la pouponnière. Nous souhaitons que les projets s’inscrivent dans un axe commun. Au cours de notre projet nous essayerons de sensibiliser notamment les touristes visitant la pouponnière mais aussi la population locales.
A notre retour nous souhaiterions partager notre expérience, notre vécu, notre ressenti avec les autres étudiants en psychomotricité de toutes écoles.
NOS ACTIONS ET FORMATIONS
Afin de réaliser au mieux ces projets l’association effectue différentes actions et formations au cours de l’année. Toutes les bénévoles de PSF participent aux actions afin de permettre la sensibilisation de la psychomotricité et de nos projets. Ces diverses actions nous permettent aussi de récolter la somme nécessaire aux projets. Nous sommes responsables de la réalisation de papier cadeaux dans un magasin avant Noël ; nous réalisons des ventes de gâteaux à l’université; 3 soirées concerts sont prévues ainsi que des soirées repas à thèmes, des ventes de bijoux, la vente de muguet au 1er mai… Au-delà de l’aspect financier ces actions ont d’autres objectifs faire connaître et échanger sur la psychomotricité, sensibiliser à nos projets, d’élargir notre champs d’action.
Les bénévoles qui partent cet été vont effectuer des formations en plus des cours de psychomotricité prévu dans les études de psychomotricien. Nous prévoyons une formation concernant les niveaux d’évolution motrice de l’enfant nécessaire à notre projet qui sera réalisée par une psychomotricienne diplômée, une formation « massage » est prévue, et d’autres psychomotriciennes, anciennes de PSF, vont intervenir pour discuter avec les bénévoles sur les carences affectives, la culture, leur expérience. Il est important pour nous de rester en contact permanent avec la pouponnière, ce contact se fait avec le responsable en France de la pouponnière.
De plus il nous est important de contacter les autres associations partant sur place afin de partager nos projets dans le but d’un axe commun. Nous sommes notamment en contact avec l’association belge « Les Poupons de là-Bas » pour travailler en amont sur la restauration de certains lieux.
NOTRE THEME : « La sensorialité pour une ouverture sur le monde »
Dès la naissance, le nourrisson fait des expériences sensorielles, des plus primitives aux plus élaborées, dans le but de se découvrir lui-même mais aussi son environnement. L’accomplissement de ses besoins par la figure maternelle permet à l’enfant de se construire psychiquement et corporellement dans un monde sécurisant. Peu à peu, il se construit une identité et se différencie de l’autre. Ce sont ses cinq sens qui, entre autres, lui permettent d’entrer en relation avec autrui de manière harmonieuse.
Mais qu’est-ce que la carence affective ?
La carence affective résulte d’un manque quantitatif ou qualitatif de contact avec la mère ou avec un substitut maternel. La mère ne répond pas ou de manière inadaptée aux besoins de son enfant. Ce manque est à l’origine d’un étayage disharmonieux du développement psychomoteur. Les troubles qui en résultent sont des retards du développement physiques, psychiques, des difficultés sensori-motrices et sociales plus ou moins irréversibles.
«Développer sa sensorialité pour mieux comprendre le monde et interagir avec lui. »
NOS MOYENS ET MEDIATIONS UTILISEES
Il est important pour nous que chaque équipe prenne un temps d’observation et d’intégration à l’équipe de la pouponnière. Les assistantes maternelles nous donneront des informations précieuses sur le rythme des enfants et leurs difficultés. A la suite de cela, nous pourrons proposer nos activités psychomotrices, en continuité avec leur fonctionnement.
L’échange et le partage sont au cœur de nos actions, individuelles ou en groupes, via différentes médiations :
- Le jeu: C’est une activité centrale dans la vie de l’enfant. Au-delà de son aspect récréatif, il lui permet de développer ses capacités psychomotrices et d’être en interaction avec l’autre. Le matériel de psychomotricité qui a été apporté chaque année, sera utilisé dans la dynamique de notre projet.
- Les stimulations sensori-motrices : Par le biais de divers objets, nous allons stimuler les différents canaux sensoriels de l’enfant : visuel, auditif, tactile, olfactif. Ces stimulations vont permettre à l’enfant de diversifier ses expériences sensorielles afin d’accéder à un ressenti global de son corps mais encourage aussi les expériences motrices. Nous souhaitons notamment réaliser une frise sensorielle dans une salle dépourvu d’objets où les enfants se regroupent ensemble.
- La musique, le rythme et la voix: Très présent dans la culture africaine, la musique et le rythme seront pour nous un moyen supplémentaire de capter l’attention de l’enfant. Nous utiliserons des chansons, des comptines, de jeux de rythme, les vibrations de la voix et des instruments, afin de participer à son éveil sensoriel.
- L’eau : Nous aurons sur place la possibilité d’accéder à la piscine. Les jeux dans l’eau favorisent l’échange avec l’adulte qui porte l’enfant, permettent de ressentir l’eau sur son corps et appréhender les possibilités de mouvements dans un autre milieu.
Nous adapterons les médiations en fonction de l’enfant, de ses capacités, ses difficultés et ses envies.
LE MATERIEL
Depuis le début du projet à la pouponnière (en 2007) notre association apporte du matériel de psychomotricité comme des tapis, des balles sensorielles, des physio-balles, des rouleaux, des éléments de parcours psychomoteurs, etc. Actuellement la pouponnière est donc équipée au mieux en matériel. La dernière équipe nous a informées des nouveaux besoins.
Par conséquent, nous nous adaptons et amènerons cette année à la pouponnière:
- Du lait
- Des couches
- Des tissus et des hamacs
- Du matériel de psychomotricité périssable (peinture, feutres, feuilles, ...)
- Du matériel afin de fabriquer une frise sensorielle.
Nous souhaitons que tout ce matériel soit acheté sur place, en lien avec des partenaires locaux, dans le but de favoriser le développement de l’activité économique locale.
LE RETOUR
Même si nous partons seulement 3 mois notre projet ne se limite pas à notre présence à la pouponnière. Un travail en amont est nécessaire mais aussi en aval. Après notre départ de la pouponnière nous souhaiterions partager notre expérience. Pour cela nous mettrons en place plusieurs actions post-projets :
- Une après-midi comptant une projection de film, des intervenants (professeur et bénévoles), un débat. Durant cette action tous les membres de PSF seront présents ainsi que les 2 autres associations étudiantes solidaire de psychomotricité : POMM (Psychomotricité et Ouverture de sur le Monde du Maternage) et PEA (Psychomotricité en Action).
- Une soirée de retour dans un restaurant associatif où seront confiés nos partenaires, tous les membres de l’association, nos formateurs, nos proches.
- La transculturalité est importante dans notre formation, nous souhaiterions donc échanger lors de nos cours de 3ème année autour de notre expérience avec les autres étudiants constituant notre promotion mais aussi les promotions des années précédentes.
LOGISTIQUE
Afin de mieux organiser notre projet nous nous sommes reparties en 3 équipes, partantes chacune 5 semaines :
Du 17 mai au 24 juin : Rosanna Guillon, Sarah Duval, Sarah Dupuis.
Du 19 juin au 26 juillet : Marié Soulié (Vice-Présidente de PSF), Fanny Vincent, Margaux Rabbé, Ophélie Vrain (Présidente de PSF)
Du 22 juillet au 28 août : Cindy Speller, Julie Byrotheau (Vice-Trésorière), Mélissa Juhé.
LES PARTICIPANTS AU PROJET
L’ensemble de l’association participe à la réalisation des projets. Il est important que chacune d’entre nous s’approprie le projet, donne son avis, sa vision, ses envies. Ceci nous permet de faire avancer nos envies, nos projets, nos actions.
Ce projet est rendu possible par le soutient fournis par nos partenaires :
- Tout d’abord par l’ONG « Vivre ensemble Madésahel »
- Notre école : par l’implication des étudiants dans nos actions durant les soirées, les ventes, les échanges mais aussi grâce au soutien de notre directrice.
- L’unité locale de la Croix-Rouge Française du 19ème arrondissement de Paris qui nous a soutenu et qui nous a notamment permis de suivre une formation à l’Initiation aux Premiers Secours Enfants-Nourrissons (IPSEN).
- Nos donateurs privés, grâce à l’intermédiaire du financement participatif.
- D’un point de vue financier, nous avons fait des demandes auprès de divers structures comme la Mairie de Paris, la LMDE, la FSDIE.
- Le magasin Habitat au Châtelet qui nous a permis de financer une partie de notre projet par la réalisation de papiers cadeaux.
Nous portons aussi une intention particulière à nos familles et à nos proches pour le soutient tout au long de cette année.
Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter :
- Site internet : http://psychomotricitesansfrontieres.toile-libre.org/
- Page Facebook : https://www.facebook.com/pages/Psychomotricit%C3%A9-Sans-Fronti%C3%A8res-PSF/112401695537230?fref=ts
- Par mail : [email protected]



