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Les Ateliers du Regard

 

Les Ateliers du Regard sont un moment d'éveil et de découverte autour du cinéma, qui se déroule chaque été à Bamako. 

 

Chaque année, trois étudiants en cinéma et six jeunes maliens sélectionnés par l’association locale Walaha vont se rencontrer et vivre un atelier au rythme intense tout au long du mois de juillet. C’est un projet éducatif à la fois simple et ambitieux, conçu autour de l’idée que le cinéma n’est pas qu’une technique, mais essentiellement un art du regard.

 

Durant 4 semaines, nous accompagnons les participants dans l'élaboration de courts-métrages, depuis l'écriture jusqu'à la réalisation, mais aussi dans leur découverte plus large de ce domaine : projections, rencontres avec des professionnels maliens, échanges avec des cinéastes... 

 

 

Les Ateliers ont eu un grand succès ces deux dernières années... et pour pouvoir répondre aux envies d'apprendre, on a besoin de vous ! 

 

Le Projet 

Les Ateliers du Regard sont nés du désir de trois étudiants à l’école de cinéma La femis (Fondation européenne des métiers de l’image et du son) : Eva Sehet, Maxime Caperan et Rémi Jennequin. Après plusieurs voyages et documentaires au Mali dès 2008, l’idée d’un atelier d’initiation au cinéma mûrit pour finalement voir le jour en 2012.

 

L’initiation s’articule autour de projections de films et de débats, mais surtout autour de la réalisation par chaque participant d’un court-métrage, les membres se relayant à chaque poste pour découvrir la mise en scène, le cadre, le son, le montage… Ces courts-métrages font l’objet d’une analyse collective qui permet d’allier la théorie et la pratique, pour garantir l’initiation complète à ce savoir-faire original qu’est le cinéma.

 

La singularité pédagogique des Ateliers du Regard tient dans l’idée que la jeunesse de nos regards, la libre confrontation des points de vue et l’esprit d’équipe sont nécessaires à la transmission d’une passion comme le cinéma. Les étudiants de La fémis sont sélectionnés par un concours d’entrée exigeant et la première année de leur cursus est une intense formation technique et artistique : ils sont donc à la fois compétents, jeunes, et passionnés. L’ancrage des Ateliers dans l’école permet au projet de perdurer au long terme, de nouveaux étudiants étant prêts chaque année à reprendre le flambeau. C’est une double expérience qui s’avère d’abord enrichissante pour les participants maliens, mais aussi pour les étudiants de la fémis.

 

A terme, les Ateliers du Regard veulent s’implanter durablement à Bamako et développer leurs partenariats afin que cette initiation ne soit pas une parenthèse isolée dans la vie de ses participants, mais puisse déboucher concrètement, pour ceux qui le désirent, vers une carrière dans le cinéma malien. C’est donc un projet éducatif à long terme que nous souhaitons développer en multipliant les initiatives (projections, rencontres professionnelles, diffusion des courts métrages) autour de cette expérience fondatrice.

 

Formation

 

La première semaine, chaque journée est consacrée à un thème fondamental pour la compréhension technique du cinéma comme pour l’expression de soi dans ce médium. Seront abordées les questions du découpage, de la direction d’acteurs, de l’écriture d’un scénario, de la fiction et du documentaire…

Le matin est dédié aux visionnages de films et d’extraits en lien avec le thème du jour, puisés dans le cinéma africain et international. L’après-midi est consacré à la mise en pratique, par des exercices concrets conçus comme de petites expériences artistiques, des questions soulevées dans la matinée : comment placer sa caméra ? Que se passe-t-il quand on enchaîne un plan large avec un gros plan ? Que peut-on attendre d’un acteur ?

 

La deuxième et la troisième semaineconstituent le cœur de l’initiation : il s’agit de réaliser des courts-métrages qui concrétisent, par l’audace et la prise de risque, les fondamentaux abordés lors de la première semaine. Des équipes de quatre seront constituées ou chacun pourra s’essayer successivement à l’écriture, la mise en scène, la prise de son, le cadre et le montage. Les étudiants de La fémis encadreront les productions en se relayant aux différentes étapes de la production (écriture, tournage, montage). Le cinéma est avant tout un savoir-faire qu’on s’approprie en se jetant à l’eau, pour pouvoir exprimer en toute liberté une vision personnelle.

 

La fin de la troisième semaine est centrée autour de l’analyse des films réalisés. Une première réalisation étant nécessairement imparfaite, les discussions visent avant tout à faire prendre conscience de l’exigence liée à la création d’un film, tout en écartant les peurs et les craintes liées à la maîtrise des outils cinématographiques. La technique est en effet un obstacle imaginaire, car le cinéma est un art du regard, de la réflexion créatrice, qui dialogue avec la technique sans s’y soumettre. Les cinéastes en herbe doivent être rassurés et confortés dans leur désir.

D’autre part, une réflexion collective est mise en place sur les projets futurs des participants, axée sur leur contenu et leur faisabilité.

 

Les Ateliers se concluent par la projection des six courts métrages réalisés à l’Institut français de Bamako. Nous avons fait salle comble sur les deux éditions précédentes. Les participants aux Ateliers ont ainsi pu montrer leurs créations à leurs proches et comprendre que le cinéma est une expérience que l’on partage, et qui rassemble. De l’écriture à la projection, il est essentiel que le processus du cinéma soit vécu dans son intégralité.

 

Objectifs 2014

 

Le succès de cette formule auprès des participants et des partenaires nous engage à la consolider pour cette troisième année, afin de garantir la pérennité des Ateliers du Regard pour les années à venir.

 

Les deux premières années ont été au-delà de nos espérances. L’atelier s’est très bien déroulé et de nombreux participants se sont orientés ensuite vers des filières audiovisuelles. La transmission et l’échange ont eu lieu dans une ambiance à la fois conviviale et studieuse. De leur côté, les étudiants de La fémis manifestent de plus en plus l'envie de prendre part à l’aventure. Aujourd'hui, notre priorité est de pouvoir répondre à ces désirs et à ces volontés d'apprendre.

Les Ateliers sont nés avec le Mali et grandiront avec lui. Le projet initial et le fonctionnement même des Ateliers ont été pensés avec le pays et ses structures existantes. Cette troisième édition doit renforcer nos liens avec le Centre National de la Cinématographie au Mali (CNCM) qui nous prête ses locaux, et l’association Walaha, qui sélectionne les participants les plus motivés par notre initiation. Notre référent local, Bouna Chérif Fofana, réalisateur au CNCM, continuera de s’investir avec enthousiasme dans l’atelier.

Nous avons pu mener à bien les Ateliers en 2012 et 2013 alors même que la situation politique au Mali était délicate. Cette année le climat politique s'est amélioré et c’est précisément l’opportunité pour nous de consolider les Ateliers. Nous devons poursuivre cet espace singulier d’initiation et de dialogue autour du cinéma. Nous multiplions donc les demandes de bourses, qui sont prêtes à nouveau à soutenir des projets au Mali, et nous avons déjà une réponse positive ainsi que le soutien de l'Ambassade. Nous cherchons également de nouveaux partenaires. Aujourd'hui, notre priorité est de construire un avenir solide aux Ateliers.

 

Bilan et objectifs pédagogiques

 

L’une des forces des Ateliers du Regard, c’est sa relation aux structures audiovisuelles maliennes. A l'issue des trois semaines d’initiation au cinéma, nous avons pu proposer des pistes d'orientation aux participants souhaitant poursuivre dans cette direction. Les Ateliers ne se soucient pas seulement du pendant, mais préparent aussi l’après. Deux lycéens ont intégré le Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia ; une lycéenne a intégré l’Institut National des Arts (INA) en section Interprétation. Un autre participant suit actuellement une formation de professeur des écoles mais réalise des courts-métrages de manière prolifique.

Nous voulons continuer dans ce sens en multipliant les rencontres professionnelles avec les acteurs locaux : réalisateurs, producteurs, techniciens. En s’insérant dans la réalité de la production malienne, les participants auront plus de chance de concrétiser leurs projets et leurs ambitions. Cette volonté complète ce que nous avons déjà installé en laissant sur place le matériel technique (caméras, banc de montage, matériel de prise de son) pour faciliter la réalisation de leurs films tout au long de l’année.

 

En conclusion

 

Les Ateliers du Regard ont été un succès éducatif en période difficile : l’édition 2014 souhaite avant tout rendre durable cette aventure originale.

De nombreux participants ont poursuivi l'expérience en s'orientant vers le milieu de l'audiovisuel. L'éveil des regards a donné naissance à de véritables passions. En 2012, sur les six jeunes participants, trois d'entre eux ont choisi de suivre des formations audiovisuelles. L'un d'eux s'est tourné vers la réalisation et fait actuellement des films. Ces désirs durables nous incitent à poursuivre les Ateliers et à les ancrer avec plus de force au Mali.

 

 Il y a plusieurs années, trois jeunes étudiants ont rêvé de ce projet au Mali. Aujourd'hui, les Ateliers du Regard ont déjà fait leurs premiers pas avec assurance. Pour l'édition 2014 nous nous devons de prolonger cette expérience vers l'avenir. Nous espérons qu’en renouvelant sa confiance, l’Ambassade de France nous permettra de faire grandir, à Bamako, cette rencontre autour de cet art fédérateur qu’est le cinéma.